Déclaration d’Anasztazia

January 1, 2015

anasztazia

Je m’appelle Anasztazia Szilagyi. Je suis venue au Canada avec mon mari Deszo Nemeth, et nos deux enfants, Mark et Mercedesz, en novembre 2011.

Nous ne voulions pas quitter la Hongrie, mais nous avons eu besoin de venir au Canada. Nous avions peur de la violence raciste en Hongrie parce que nous sommes Roms. Nous avions peur pour la vie de nos enfants, et pour la nôtre.

Les sentiments anti-Roms sont forts en Europe et nous avions entendu dire que le Canada est un pays ouvert, alors nous sommes venu-es ici afin de s’en échapper, et parce que le frère de mon mari était ici.

À l’école, en Hongrie, mon fils Mark était traité différemment des autres enfants parce qu’il est Rom. À certaines reprises, on l’a empêché d’écrire ses examens.

Il a été battu et harcelé par d’autres enfants. En 2011, il a été attaqué à l’école par un groupe de « skinheads » qui l’ont encerclé et l’ont battu. Quand il est arrivé à la maison, il était noir et bleu, couvert de bleus.

Ma fille a aussi eu la vie dure à l’école en Hongrie. Elle était toujours taquinée par ses pairs et ses enseignant-es parce qu’elle est Rom. Elle ne voulait pas aller à l’école.

Ici à Montréal, elle aime l’école, et elle a beaucoup d’ami-es. Elle est une bonne étudiante, et elle avance rapidement. Elle n’a que dix ans et elle parle très bien le français.

Un an après notre arrivée, ma fille et mon fils qui étaient resté-es en Hongrie sont venu-es se joindre à nous parce qu’ils ont été attaqué-es. Ils ont été accepté-es comme réfugié-es par le Canada.

Ils ont tou-tes les deux été attaqué-es à la maison par des hongrois non-Roms qui avaient précédemment ciblé mon fils aîné. Ces personnes ont lancé des pierres à la maison et ont menacé de tuer mon fils. Quand les voisin-es ont entendu ce qui se passait, ils ont appelé la police. La police est venue, mais elle a déclarée que ce n’était pas une véritable menace, que ce n’était que des enfants qui laissaient des pierres. Cela montre que la police ne respecte pas les Roms en Hongrie.

Toute notre vie est à Montréal, avec nos enfants et nos petits-enfants. Si mon mari, Mark, Mercedesz et moi partons, cela déchirera ma famille. Tout les gens qui sont importants dans ma vie sont ici. Nous avons beaucoup d’ami-es ici, nous avons l’Église, nous travaillons ici et nous sommes bénévoles.

J’ai appris l’anglais ici. Mon mari a beaucoup fait de bénévolat dans la communauté juive. Nous avons tout trouvé ici. Ici, tu peux dire que tu es Rom librement sans subir de discrimination.

Quand je me promène dans la rue je n’ai pas à avoir peur que quelqu’un va m’attaquer ou me tuer.

Quand nous sommes venu-es ici, nous espérions que le Canada nous accepterait et que nous aurions une bonne vie, heureuse et paisible. Nous espérions pouvoir vivre nos vies pleinement au Canada, pas comme en Hongrie où je dois toujours avoir peur de l’étiquette collée à mon front annonçant que « Je suis Rom ».

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