Appuyons Sheila Sedinger

août 19, 2014

 

 

Le 25 août, Sheila a reçu les nouvelles que sa déportation a été suspendu pour deux ans. Son statut devrait étre reglé bien avant cette periode termine.

Sheila anonce les nouvelles : http://ici.radio-canada.ca/…/006-mexicaine-expulsion

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Présentation personnelle par Sheila Sedinger, Août 2014

Mon nom est Sheila Sedinger, j’ai 27 ans, je suis une massothérapeute professionnelle, une mère affectueuse, une partenaire fidèle et une amie dévouée. Le 30 Août, Immigration Canada veut me déporter; me séparer de mes enfants, de mon partenaire, des autres membres de ma famille, de mes amis et de ce coin de pays qui est maintenant mon foyer .

Je vais vous raconter une partie très personnelle et douloureuse de ma vie. Je vous supplie pour votre aide car je vis présentement une grande injustice. Ce n’est pas facile, mais je veux que mon histoire se fasse entendre, non seulement pour moi et ma famille, mais pour d’autres qui vivent des injustices similaires. Je refuse de me taire et de cacher tout cela par peur.

Je vis à Montréal, Québec depuis 2005, je suis née dans la ville de Mexico. Je suis venue au Canada pour visiter mon père et pour me sortir d’une série d’expériences traumatisantes que j’ai vécu au Mexique aux mains de mon ex-conjoint très dangereux qui habite toujours là. Aussi, je viens d’une famille américaine et européenne, le Mexique ne m’a jamais semblé comme chez moi.

J’ai eu ma fille ainée en mai 2006, j’ai été parrainée en Janvier 2008 et la demande a été acceptée la même année. Plus tard cette même année, en Août, j’ai accouché de ma fille cadette. Bien que notre année semblait prometteuse, le pire est arrivé: la personne qui me parrainait a été accusée et reconnue coupable d’avoir fracturé la jambe de ma petite fille de trois semaines. Mes filles et moi avons vécu un cauchemar avec la protection de la jeunesse, les refuges et les policiers impliqués. En plus, en raison du casier judiciaire subséquent, la personne qui me parrainait est devenu inadmissible au Canada et la demande de parrainage précédemment acceptée fut annulée. Toutefois, mon parrain étant une personne protégée, il était autorisé à rester au Canada. Parce que j’étais encore dans ce dossier, je l’étais aussi.

Quand mon parrain a finalement été condamné en 2011, j’ai appelé Immigration Canada pour poser des questions sur mon statut. Ils ne m’ont pas dit qu’il y avait des problèmes, mais, au contraire, ils m’ont dit que tout était en ordre. Pendant ce temps, je n’ai jamais eu de problème du tout avec mes papiers; j’ai eu ma carte d’assurance sociale, mon permis de travail, ma carte d’acceptation du Québec (CSQ) et ma carte d’assurance-maladie.

À l’automne 2012, plusieurs institutions m’ont donné des versions différentes de mon statut d’immigration. Pour éclaircir la situation, j’ai appelé Immigration Canada. Ils m’ont dit que mon statut était resté pareil et que je n’étais pas à risque d’expulsion, mais ils m’ont conseillé de commencer une demande de résidence permanente pour des motifs humanitaires puisque le parrainage ne ​​procéderait plus. En Octobre 2013, j’ai contacté Solidarité Sans Frontières et nous avons commencé à rassembler les preuves des fortes raisons pour moi de rester ici.

En Juillet 2013, j’ai eu un accident de vélo, détaché ma rotule, atrophié plusieurs muscles et dévié la partie inférieure de ma jambe. Je marche maintenant péniblement avec une canne et j’ai été sans travail depuis. Cette blessure a eu un impact très négatif sur ma vie.

En mai de la présente année, l’immigration a soudainement appelé pour dire que je devais quitter le Canada parce que je n’avais pas de statut depuis 2011. Mon fiancé, Michael-John Carriere, a engagé une avocate, Maître Angela Potvin, qui nous a aidé à présenter ma demande de résidence permanente pour des motifs humanitaires, une demande de parrainage de Michael et une demande de permis de résidence temporaire. Néanmoins, on m’a dit que je dois quitter le Canada le 26 Juin. L’agent de déportation a refusé d’accorder un sursis, donc nous avons été obligés de demander d’aller à la Cour fédérale. À la dernière minute, mon avocate a reçu un appel de l’agent de déportation disant qu’il n’y avait pas besoin d’aller à la Cour fédérale et qu’ils me permettaint de rester indéfiniment à moins d’un changement radical dans ma situation.

Nous avons pensé que tout allait bien. Mais, le 4 Juillet pendant que j’effectuais la requête pour la garde exclusive de mes filles, une représentante du Ministère de l’Immigration est apparue dans le tribunal pour s’assurer que j’obtienne les passeports de mes filles. Le 7 Juillet, dans un autre rendez-vous avec l’agent de déportation, j’ai été informée qu’ils ne faisaient que me donner une chance d’obtenir le passeport de mes enfants pour que je puisse les amener avec moi, sans me permettre de terminer les dispositions de garde établies. Ils mettaient au clair que d’une manière ou d’une autre, je devais quitter – avec ou sans mes enfants. L’agent m’a donné une nouvelle date de déportation, le 30 Août. C’est l’anniversaire de ma plus jeune fille, celle dont la jambe fut fracturée.

Le lendemain, mon avocate a demandé que l’expulsion soit suspendue. Trois semaines plus tard et après avoir beaucoup insisté pour avoir une réponse, nous avons enfin reçu celle-ci; négative. Encore une fois, nous avons appliqué à la Cour fédérale; j’ai reçu une audience pour le 26 Août, quatre jours avant la date prévue de mon expulsion.

Je me sens humiliée, trompée et furieuse. Immigration Canada m’a dénié la chance de me défendre devant la Cour fédérale la première fois, puis m’a donné de faux espoirs, et tente à nouveau de m’expulser sans raison, le jour de l’anniversaire de ma fille.

J’habite ici depuis maintenant 9 ans. J’ai de la famille ici; non seulement mes filles, mais mon père, mes oncles et mes tantes, cousins, cousines et nièces. Je connais très bien l’anglais et je me débrouille en français. J’ai étudié ici, j’ai travaillé ici; ici je me sens chez moi mes deux filles aussi, elles qui sont nées au Canada. Tous mes amis sont ici et je ne connais plus personne au Mexique. Je suis une Montréalaise et un grand nombre de gens qui me connaissent ne savaient même pas que je ne suis pas née canadienne jusqu’à ce moment que je devais leur donner ces malheureuses nouvelles.

 

Cette situation me touche à un niveau très profond car je souffre du syndrome de stress post-traumatique chronique intense dû aux expériences traumatisantes que j’ai vécu au Mexique. Ma jambe est sérieusement blessée et je ne peux pas marcher sans l’aide d’une canne. Je n’ai pas été en mesure d’obtenir un traitement pour des cellules précancéreuses héréditaires sur mon utérus car l’immigration m’a coupé l’accès à toutes mes ressources, incluant ma carte d’assurance-maladie. Je n’ai même pas été en mesure de travailler à cause de toutes ces circonstances, ce qui signifie que je n’ai pas les ressources, puisque toutes mes économies sont passées dans la résolution de cette question avec l’immigration.

L’Agence des Services Frontaliers du Canada ne m’a même pas permis de finir mes procédures de divorce et de garde d’enfant, donc je ne serai pas en mesure d’amener mes enfants avec moi. En raison des circonstances actuelles, au lieu d’habiter à temps plein avec leur mère, elles iront au placement familial et risque pas de me revoir du tout, ou du moins pas pendant plusieurs années. Si je suis autorisée à les amener avec moi au Mexique, je n’ai aucun moyen ni de les soutenir, ni de les protéger, nous devrons vivre dans la rue, dans les quartiers dangereux de la ville. Ma plus vieille fille souffre de retard de langage et mes deux filles sont émotionnellement fragiles. Elles sont actuellement en train de recevoir l’appui de plusieurs institutions. En résume, ma famille et les autres personnes que j’aide sur une base hebdomadaire ont besoin de moi ici.

 

C’est totalement injuste qu’ils punissent mes filles et moi pour le crime de quelqu’un d’autre, commis il ya 6 ans; ils permettent à mon parrain précédente de rester, mais ils détruisent ma famille de cette manière … Mes filles ont assez souffert. Honnêtement, je ne vois aucune raison d’être déportée, j’ai suivi leurs règlements depuis le premier jour et je suis complètement intégrée. Nous essayons simplement de vivre une vie tranquille sans problèmes avec mon fiancé, Michael-John Carriere, qui est aussi canadien.

Je pense que cette situation est inhumaine. Je ne suis pas la première femme qui est menacée d’expulsion, sans ses enfants, dans de telles circonstances. Il y a une tendance: des femmes immigrantes avec un passé traumatique, mères célibataires d’enfants nés au Canada. Bien sûr, les mères célibataires qui ont survécu à la violence ne sont pas les seules cibles; des familles entières avec enfants qui sont heureuses, en sécurité et bien établies sont détruits par ce système de déportation.

Je suis Canadienne, je suis fier d’être Montréalaise. Je veux demander à l’immigration de le reconnaître et de cesser d’ignorer les faits, non seulement pour ma famille, mais aussi, avec votre aide, pour conscientiser les gens de ce modèle d’injustice.

Sheila Sedinger

IMADEI.help@gmail.com

 

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