{"id":2436,"date":"2013-05-10T14:11:05","date_gmt":"2013-05-10T14:11:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/?page_id=2436"},"modified":"2013-05-10T14:11:05","modified_gmt":"2013-05-10T14:11:05","slug":"sex-work-migration-and-anti-trafficking-an-interview-with-nandita-sharma","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/fr\/solidarity-city\/solidarity-city-journal\/sex-work-migration-and-anti-trafficking-an-interview-with-nandita-sharma","title":{"rendered":"Travail du sexe, migration et lutte au trafic d\u2019\u00eatres humains : une entrevue avec Nandita Sharma"},"content":{"rendered":"<p><\/p>\n<address>Par Robyn Maynard de Personne n\u2019est Ill\u00e9gal &#8211; Montr\u00e9al<\/address>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nandita Sharma est une activiste, une acad\u00e9mique et l\u2019auteure de:\u00ab Home Economics: Nationalism and the Making of \u2018Migrant Workers\u2019 in Canada (University of Toronto Press, 2006), et de \u201cAnti-Trafficking Rhetoric and the Making of a Global Apartheid\u201d (NWSA #17, 2005) disponibles en anglais seulement. Dans cette entrevue, elle aborde les effets de la lute au trafic d\u2019\u00eatres humains sur les travailleuses du sexe migrantes. Elle critique la notion de \u201ctrafic\u201d dans le contexte d\u2019une n\u00e9cessit\u00e9 croissante de l\u2019immigration et du resserrement des fronti\u00e8res dans le Nord. Selon Sharma, les restrictions aux fronti\u00e8res, plut\u00f4t que le \u201ctrafic\u201d, sont la plus grande barri\u00e8re \u00e0 l\u2019auto-d\u00e9terminaiton des femmes migrantes au Canada.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Robyn Maynard a r\u00e9alis\u00e9 cette entrevue avec Sharma en f\u00e9vrier 2010 pour l\u2019\u00e9mission \u201c Travail du sexe, migration et lutte au trafic d\u2019humains\u201d de la radio de Personne n\u2019est Ill\u00e9gal. Des extraits \u00e9dit\u00e9s de cette entrevue ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans Upping the Anti #10, et sont repris ici avec permission.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Maynard: Comment le gouvernement et les m\u00e9dia utilisent-ils l\u2019id\u00e9e de \u201cl\u2019esclavage sexuel\u201d pour cr\u00e9er une panique morale? Quelles sont les cons\u00e9quences pour les travailleuses du sexe migrantes?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Sharma: Sans aucun doute, la panique morale autour du travail du sexe alimente ceux et celles qui r\u00e9clament des l\u00e9gislations contre le trafic d\u2019humains. La majorit\u00e9 des gens qui pousse pour des lois contre le trafic d\u2019humains veut aussi \u00e9liminer le travail du sexe comme option pour les femmes. Et ils et elles veulent le faire en criminalisant davantage les activit\u00e9s reli\u00e9es au travail du sexe, particuli\u00e8rement en criminalisant l\u2019arriv\u00e9e de femmes migrantes dans l\u2019industrie du sexe.<\/p>\n<p>Par exemple, au Canada la migration de femmes pour le travail du sexe est de plus en plus scrut\u00e9e \u00e0 la loupe. Non seulement les corps policiers font-ils continuellement des descentes dans les \u00e9tablissements de travail du sexe comme les bars de danseuses et les salons de massage et ce sous pr\u00e9texte de \u00abprot\u00e9ger la moralit\u00e9 publique\u00bb ou la sant\u00e9 publique, mais il y a aussi des agent.e.s d\u2019immigration qui font des descentes dans des \u00e9tablissements de travail du sexe en cherchant de pr\u00e9tendues \u00abvictimes du trafic d\u2019humains\u00bb.<\/p>\n<p>Bien entendu, la vaste majorit\u00e9 des femmes migrantes ne devient pas travailleuse du sexe. Mais pour celles qui le font, une de leurs plus grandes vuln\u00e9rabilit\u00e9s est leur statut au pays. Le fait que les travailleuses du sexe migrantes n\u2019aient pas de statut l\u00e9gal ou permanent les rend encore plus vuln\u00e9rables. Plusieurs femmes immigrantes employ\u00e9es par l\u2019industrie du sexe le sont par le biais de visas de travail temporaires accord\u00e9s pour l\u2019industrie du divertissement \u2013 les visas autrefois accord\u00e9s aux travailleuses du sexe ayant r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 abolis par le gouvernement- ou elles sont forc\u00e9es de travailler ill\u00e9galement. Il est impossible d\u2019arriver l\u00e9galement au Canada en tant que travailleuse du sexe ou d\u2019y entrer en tant que r\u00e9sidante permanente. Vous n\u2019obtenez pas de \u201cpoints\u201d pour travailler dans l\u2019industrie du sexe, malgr\u00e9 que la demande soit forte. Les lois contre le trafic d\u2019\u00eatres humains sont une autre fa\u00e7on d\u2019attaquer la capacit\u00e9 des femmes de travailler dans l\u2019industrie du sexe et elles le font d\u2019une mani\u00e8re qui l\u00e9gitimise (et se base sur) l\u2019id\u00e9e qu\u2019aucune femme ne devrait s\u2019engager dans le travail du sexe. Ultimement, la panique morale contre le travail du sexe rend les femmes migrantes plus vuln\u00e9rables au sein m\u00eame de l\u2019industrie du sexe.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Quels sont les probl\u00e8mes avec la l\u00e9gislation contre le trafic d\u2019humains en termes de droits des femmes et de leur libert\u00e9 d\u2019action? Quelles sont les causes fondamentales de ce que l\u2019on appelle le \u201ctrafic d\u2019humains\u201d?<\/p>\n<p>La cl\u00e9 est de comprendre pourquoi, dans la derni\u00e8re d\u00e9cennie, les gouvernements nationaux \u00e0 travers le monde ont \u00e9t\u00e9 pouss\u00e9s \u00e0 adopter des l\u00e9gislations contre le trafic d\u2019humains. Il y a une augmentation de la migration \u00e0 travers le monde qui r\u00e9sulte surtout de vagues de d\u00e9possessions et de d\u00e9placement des populations dans le cadre de crises et de guerres \u00e0 la fois \u00e9conomiques et politiques. Et pourtant, parall\u00e8lement \u00e0 cette augmentation de la migration, la plupart des \u00e9tats \u2013particuli\u00e8rement dans le soi-disant \u201cPremier Monde\u201d \u2013 a implant\u00e9 des politiques restrictives qui emp\u00eachent de plus en plus de personnes d\u2019entrer l\u00e9galement dans ces \u00e9tats. Le r\u00e9sultat est que la majorit\u00e9 des gens qui entrent dans ces pays est consid\u00e9r\u00e9e ill\u00e9gale.<\/p>\n<p>Les lois contre le trafic d\u2019humains sont utilis\u00e9es pour cibler la soi-disant \u201cimmigration ill\u00e9gale\u201d. Plut\u00f4t que de jeter le bl\u00e2me de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des migrant.e.s sur les politiques d\u2019immigration restrictives qui forcent les gens \u00e0 vivre dans l\u2019ill\u00e9galit\u00e9, elles bl\u00e2ment ceux et celles qui facilitent leurs mouvements \u00e0 travers les fronti\u00e8res. Dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui, o\u00f9 il est de plus en plus difficile d\u2019entrer l\u00e9galement dans les pays du Premier Monde, il est aussi quasi-impossible d\u2019entrer sans l\u2019aide de quelqu\u2019un. C\u2019est impossible de simplement monter dans un avion, un bateau, une voiture ou de marcher pour traverser une fronti\u00e8re sans une forme quelconque de papiers d\u2019identit\u00e9. C\u2019est aussi tr\u00e8s difficile d\u2019obtenir des faux visas ou des faux passeports, et de traverser une fronti\u00e8re sans que personne ne vous y aide. Pour plusieurs migrantes \u00e0 travers le monde, obtenir de l\u2019aide pour se d\u00e9placer \u00e0 travers les fronti\u00e8res est un besoin urgent. Les l\u00e9gislations contre le trafic d\u2019humains criminalisent ceux et celles qui facilitent l\u2019entr\u00e9e des migrantes dans les \u00e9tats nationaux. Je crois que c\u2019est l\u00e0 l\u2019agenda cach\u00e9 derri\u00e8re la l\u00e9gislation contre le trafic d\u2019humains. Elle offre une couverture id\u00e9ologique pour cibler les migrantes et les gens qui les aident \u00e0 entrer dans un pays. De cette fa\u00e7on, la l\u00e9gislation contre le trafic d\u2019humains renforce la surveillance aux fronti\u00e8res.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Comment pouvons-nous combattre l\u2019exploitation des femmes associ\u00e9e au travail du sexe sans avoir recours \u00e0 une hyst\u00e9rie anti-f\u00e9ministe et sans cat\u00e9goriser les travailleuses du sexe comme des victimes de trafic d\u2019humains?<\/p>\n<p>Je pense qu\u2019il faut prendre exemple sur les travailleuses du sexe elles-m\u00eames. Les organisations de travailleuses du sexe connaissent bien les \u00e9tapes n\u00e9cessaires \u00e0 la cr\u00e9ation de conditions de travail d\u00e9centes, s\u00e9curitaires et dignes pour les femmes impliqu\u00e9es dans l\u2019industrie du sexe. Et la d\u00e9criminalisation vient en t\u00eate de liste. L\u2019agenda contre le trafic d\u2019humains se dirige exactement dans la direction oppos\u00e9e. Il criminalise encore plus le travail du sexe en ciblant les gens, particuli\u00e8rement dans le cas des migrantes, qui facilitent l\u2019entr\u00e9e des femmes dans le travail du sexe. En fait, il y a un d\u00e9saccord fondamental entre ceux et celles qui veulent \u00e9liminer le travail du sexe et ceux et celles qui veulent rendre le travail du sexe plus s\u00e9curitaire pour les femmes. Ce d\u00e9saccord fondamental est de savoir si les femmes ont le droit de s\u2019engager dans le travail du sexe. La plupart des gens dans le camp des opposant.e.s au trafic d\u2019humains croit qu\u2019une femme ne peut pas s\u2019adonner au travail du sexe sans \u00eatre exploit\u00e9e. Je ne suis pas d\u2019accord, tout comme la plupart des organisations de travailleuses du sexe. La plupart affirment que le travail du sexe peut \u00eatre rendu plus s\u00e9curitaire, plus digne \u2013 et la fa\u00e7on de le faire est d\u2019arr\u00eater de d\u00e9moniser celles qui s\u2019y engagent. En plus de d\u00e9criminaliser le travail du sexe, nous pouvons appuyer la formation de syndicats au sein de l\u2019industrie du sexe. C\u2019est exactement ce que des organisations de travailleurs.euses du sexe ont tent\u00e9 de faire en Inde, au Bangladesh, \u00e0 San Fransisco et ailleurs. Nous devons concevoir le travail du sexe comme une des options offertes aux femmes dans une \u00e9conomie capitaliste. Nous avons besoin de travailler, et le travail du sexe est une option viable pour les femmes.<\/p>\n<p>Ultimement, si nous voulons mettre un terme \u00e0 l\u2019exploitation des femmes, nous devons remettre en question le capitalisme qui est \u00e0 la base de toutes exploitations. Que l\u2019on travaille dans l\u2019industrie du sexe, un restaurant ou une universit\u00e9, nous serons exploit\u00e9 par ceux et celles qui b\u00e9n\u00e9ficient de notre travail. Donc, si nous voulons arr\u00eater l\u2019exploitation, nous ne donnons pas le pouvoir \u00e0 l\u2019\u00e9tat de criminaliser le travail du sexe mais nous donnons le pouvoir aux travailleuses de mettre un terme \u00e0 leur exploitation. Bien s\u00fbr, \u00eatre un.e professeur.e d\u2019universit\u00e9 n\u2019est pas d\u00e9monis\u00e9 comme l\u2019est le travail du sexe. Donc nous avons aussi besoin d\u2019un changement d\u2019attitude majeur. Les f\u00e9ministes demandent depuis longtemps la libert\u00e9 pour les femmes, incluant le contr\u00f4le de leurs corps et de leur sexualit\u00e9. Appuyer les femmes dans l\u2019industrie du sexe et les reconna\u00eetre comme une part du groupe plus large des travailleurs.euses est une partie de cette lutte.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Celles et ceux d\u2019entre nous qui sommes critiques de la rh\u00e9torique contre le trafic d\u2019humains sont souvent accus\u00e9.e.s de ne pas se pr\u00e9occuper des femmes. On nous accuse de ne pas se pr\u00e9occuper des femmes qui sont kidnapp\u00e9es, de celles qui sont battues, des femmes qui sont gard\u00e9es en esclavage ou qui ne re\u00e7oivent pas de salaire, des femmes qui sont prisonni\u00e8res parce qu\u2019on leur enl\u00e8ve leur passeports ou d\u2019autres documents. En r\u00e9ponse \u00e0 ces accusations, la chose importante \u00e0 se rappeler est que tous ces crimes sont d\u00e9j\u00e0 punis par le Code Criminel canadien. Il est ill\u00e9gal de kidnapper des gens, de les battre, de les violer, de ne pas les payer, de garder leurs documents l\u00e9gaux sans leur permission, etc. Pourquoi les gens pensent-ils qu\u2019une nouvelle l\u00e9gislation anti trafic d\u2019humains rendra les femmes plus en s\u00e9curit\u00e9 alors que la police ne semble pas du tout int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 appliquer les mesures d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9vues par le Code Criminel pour prot\u00e9ger les femmes? Plut\u00f4t que des lois contre le trafic d\u2019humains, nous devrions demander que les travailleuses de l\u2019industrie du sexe soient prot\u00e9g\u00e9es par les lois sur la sant\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 au travail, comme tous les travailleurs.euses devraient l\u2019\u00eatre. Nous devrions demander que les travailleuses ill\u00e9galis\u00e9es aient acc\u00e8s aux m\u00eames droits que tous les autres travailleurs et travailleuses du pays, ce qui bien s\u00fbr exigerait que l\u2019on \u00e9limine la distinction entre travailleurs.euses l\u00e9gaux.ales et ill\u00e9gaux.ales. Il y a plusieurs choses que nous pouvons faire qui ne s\u2019appuient pas sur une plus grande criminalisation des gens qui traversent les fronti\u00e8res. C\u2019est le d\u00e9fi que nous devons soumettre aux gens qui nous disent que la seule mani\u00e8re de prot\u00e9ger les femmes \u2013 particuli\u00e8rement dans l\u2019industrie du sexe \u2013 est de criminaliser les gens qui facilitent leur entr\u00e9e dans cette industrie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les politiques d\u2019immigration restrictives causent la plus grande partie de l\u2019exploitation des \u201cfemmes victimes de trafic\u201d. Comment peut-on lutter pour la s\u00e9curit\u00e9 des femmes migrantes?<\/p>\n<p>Ultimement, la seule fa\u00e7on de rendre la migration s\u00e9curitaire pour tout le monde est de la d\u00e9criminaliser. Nous devons nous assurer que les gens aient le droit de migrer quand ils et elles d\u00e9cident que c\u2019est ce qui est le mieux pour eux et elles. Si les femmes aujourd\u2019hui pouvaient \u00eatre s\u00fbres que quand elles ont besoin de migrer elles puissent le faire librement \u2013sans \u00eatre criminalis\u00e9es, sans avoir besoin de faux papiers, sans avoir \u00e0 \u00eatre cach\u00e9es dans le fond d\u2019un bateau ou dans le coffre d\u2019une voiture-, l\u00e0 elles pourraient \u00eatre beaucoup plus en s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>Laisse-moi te donner deux exemples de comment la l\u00e9gislation contre le trafic d\u2019humain augmente en fait la vuln\u00e9rabilit\u00e9 et l\u2019exploitation des femmes migrantes. Premi\u00e8rement, la loi contre le trafic d\u2019humains cible les gens qui aident les femmes \u00e0 traverser les fronti\u00e8res. Ceci augmente le co\u00fbt de la travers\u00e9e des fronti\u00e8res et pousse donc les femmes \u00e0 s\u2019endetter encore plus pour le faire. Deuxi\u00e8mement, en imposant ces \u00e9normes p\u00e9nalit\u00e9s \u2013qui, au Canada, peuvent inclure une peine de prison \u00e0 vie et aux \u00c9tats-unis la peine de mort- ceux qui aident les migrant.e.s \u00e0 passer les font utiliser des routes moins s\u00e9curitaires. Les gens sont forc\u00e9s de traverser les fronti\u00e8res dans des endroits tr\u00e8s vuln\u00e9rables comme des d\u00e9serts et des montagnes, des endroits ou des centaines de corps de migrant.e.s sont trouv\u00e9s chaque ann\u00e9e. La l\u00e9gislation contre le trafic d\u2019humains rend donc la migration moins s\u00e9curitaire pour les femmes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Robyn Maynard de Personne n\u2019est Ill\u00e9gal &#8211; Montr\u00e9al &nbsp; Nandita Sharma est une activiste, une acad\u00e9mique et l\u2019auteure de:\u00ab Home Economics: Nationalism and the Making of \u2018Migrant Workers\u2019 in Canada (University of Toronto Press, 2006), et de \u201cAnti-Trafficking Rhetoric&hellip;<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/fr\/solidarity-city\/solidarity-city-journal\/sex-work-migration-and-anti-trafficking-an-interview-with-nandita-sharma\">Read more &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":1766,"menu_order":8,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2436"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2436"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2436\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2478,"href":"https:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2436\/revisions\/2478"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1766"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2436"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}