{"id":2463,"date":"2013-05-10T14:11:03","date_gmt":"2013-05-10T14:11:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/?page_id=2463"},"modified":"2013-05-11T17:25:03","modified_gmt":"2013-05-11T17:25:03","slug":"immigration-and-austerity-the-invisible-wall-of-the-invisible-hand","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/fr\/solidarity-city\/solidarity-city-journal\/immigration-and-austerity-the-invisible-wall-of-the-invisible-hand","title":{"rendered":"Immigration et aust\u00e9rit\u00e9 : Le MUR invisible de la main invisible&#8230;"},"content":{"rendered":"<p><\/p>\n<address>Par Mostafa Henaway du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants<\/address>\n<p>Au Canada et au Qu\u00e9bec, le maintien de la comp\u00e9titivit\u00e9 internationale en p\u00e9riode d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 grandissante, autant dans le secteur public que priv\u00e9, et les politiques n\u00e9olib\u00e9rales qui touchent le fond ont cr\u00e9\u00e9 un climat d&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9. De continuellement traiter les travailleurs et travailleuses migrant.e.s, les immigrant.e.s et les sans statut comme des boucs \u00e9missaires, ici, au Canada, cache le simple fait que le ne n\u00e9olib\u00e9ralisme peut exister seulement au d\u00e9pend des travailleurs et travailleuses migrant.e.s\/immigrant.e.s.<\/p>\n<p>Pourtant, en ce moment, la concentration de la richesse dans notre soci\u00e9t\u00e9 est sans pr\u00e9c\u00e9dent. Les dix personnes les plus riches du Qu\u00e9bec ont une fortune \u00e9quivalente aux salaires de un million de Qu\u00e9b\u00e9coi.se.s travaillant au salaire minimum. Le Canada a aussi une des plus grandes concentrations de milliardaires sur la plan\u00e8te, soit 64. Ce niveau de concentration de la richesse &#8212; amen\u00e9 par le n\u00e9olib\u00e9ralisme des trois derni\u00e8res d\u00e9cennies &#8212; a men\u00e9 \u00e0 une pauvret\u00e9 sans pr\u00e9c\u00e9dent. \u00c0 Toronto en 2012, il y avait 1,12 million de visites aux banques alimentaires, le deuxi\u00e8me plus haut niveau jamais enregistr\u00e9. Au moins, \u00e0 Toronto, cela est largement d\u00fb au fait que m\u00eame avoir un emploi de 40 heures par semaines au salaire minimum ne permet pas d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 la pauvret\u00e9. Selon un rapport r\u00e9volutionnaire de Statistique Canada bas\u00e9 sur des donn\u00e9es sur le travail et le revenu, le nombre de travailleurs et travailleuses pauvres \u00e0 Toronto \u00ab servant du caf\u00e9, nettoyant des toilettes ou effectuant un autre travail \u00e9reintant dans les tours \u00e0 bureaux et les usines a augment\u00e9 consid\u00e9rablement. Dans la r\u00e9gion, entre 2000 et 2005, le nombre de travailleurs et travailleuses pauvres a augment\u00e9 de 42 pourcent, pour atteindre 113 000 personnes.\u00bb<\/p>\n<p>L&rsquo;utilisation du travail flexible, les attaques contre les syndicats et les salaires ont certainement \u00e9t\u00e9 vitales \u00e0 la grande augmentation des profits et de la richesse de quelques personnes. Cela a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la cr\u00e9ation du travailleur ou de la travailleuse \u00ab neoliberal.e \u00bb, fonctionnant gr\u00e2ce \u00e0 la pr\u00e9carit\u00e9, par le travail migrant et immigrant, de trois principales fa\u00e7ons :<\/p>\n<p>La premi\u00e8re et la plus cruciale : au Canada, aujourd&rsquo;hui, il y a environ 250 000 \u00e0 400 000 travailleurs et travailleuses sans papiers, travaillant principalement en dessous de la table, pour moins que le salaire minimum, dans la construction, l&rsquo;h\u00f4tellerie, pour des emplois au jour le jour ou avec des agences de placement temporaire. La deuxi\u00e8me, qui est maintenant devenue une nouvelle mesure pour rendre le travail temporaire permanent, est les 300 000 travailleurs \u00e9trangers et travailleuses \u00e9trang\u00e8res temporaires pr\u00e9sentement au Canada, un nombre qui a explos\u00e9 depuis 2008. La troisi\u00e8me est la racialisation structurelle des travailleurs et travailleuses avec un salaire bas, m\u00eame parmi ceux et celles qui sont des immigrant.e.s re\u00e7u.e.s ou des resident.e.s permanent.e.s. Ils et elles ne sont pas une part insignifiante de la classe ouvri\u00e8re, mais occupent plut\u00f4t une place centrale dans son fonctionnement et dans la cr\u00e9ation d&rsquo;une nouvelle forme d&rsquo;\u00e9conomie.<\/p>\n<p>D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, les travailleurs et travailleuses migrant.e.s sont devenu.e.s une composante centrale de la strat\u00e9gie n\u00e9olib\u00e9rale pour \u00ab int\u00e9rioriser la sous-traitance \u00bb. Ce que nous ne voyons pas maintenant c&rsquo;est qu&rsquo;il y a une reprise de la \u00ab sous-traitance \u00bb du travail (qui \u00e9tait tr\u00e8s importante lors des crises \u00e9conomiques des ann\u00e9es soixante-dix). Revenir \u00e0 ce mod\u00e8le veut dire une augmentation drastique de l&rsquo; \u00ab internalisation \u00bb du travail pr\u00e9caire : en d&rsquo;autres mots, au lieu de d\u00e9localiser des emplois dans le Sud, les compagnies internalisent les immigrant.e.s\/migrant.e.s, ici, comme source de travail pas cher.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"\/wp-content\/uploads\/Immigration-and-Austerity.jpg\"><br \/>\n<img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter\" title=\"Immigration and Austerity\" src=\"\/wp-content\/uploads\/Immigration-and-Austerity-300x211.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"211\" \/><\/a><\/p>\n<h2>Une immigration juste-\u00e0-temps!<\/h2>\n<p>Un autre aspect de cette internalisation est la r\u00e9gression virtuelle des politiques d&rsquo;immigration. Au lieu du statut pour tout le monde ou de la pleine r\u00e9gularisation, le Canada a rendu virtuellement impossible d&rsquo;immigrer, \u00e0 moins de passer par un Programme des travailleurs \u00e9trangers temporaires (PTET). Ainsi, l&rsquo;immigration se fera maintenant sur des bases tr\u00e8s temporaires et sera li\u00e9e \u00e0 des employeurs en particuliers.<\/p>\n<p>Dans un rapport publi\u00e9 par la Metcalf Foundation en 2012, les liens entre les agences de placement priv\u00e9es et les PTETs supervis\u00e9s par le f\u00e9d\u00e9ral ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9s clairement : \u00ab alors que le gouvernement cr\u00e9\u00e9 des conditions qui permettent que des relations de travail migrant se forment, la supervision de ces relations est de plus en plus privatis\u00e9e entre l&#8217;employeur ou l&#8217;employeuse et le travailleur ou la travailleuse.<\/p>\n<p>Le PTET am\u00e8ne les migrant.e.s au pays pour des emplois sp\u00e9cifiques, sur une base temporaire, ce qui signifie que la capacit\u00e9 d&rsquo;un travailleur ou d&rsquo;une travailleuse de continuer \u00e0 vivre au Canada d\u00e9pend de si il ou elle peut garder l&#8217;emploi pour lequel il ou elle a \u00e9t\u00e9 amen\u00e9.e ici. Contrairement \u00e0 d&rsquo;autres moyens pour venir au Canada (visa \u00e9tudiant, demande de r\u00e9fugi\u00e9.e, etc.), la plupart des PTET de garantissent pas, ou n&rsquo;offrent m\u00eame pas, de voie pour obtenir la citoyennet\u00e9 ou la r\u00e9sidence permanente.<\/p>\n<p>C&rsquo;est le nouveau ph\u00e9nom\u00e8ne faisant partie d&rsquo;un plus vaste effort n\u00e9olib\u00e9ral pour restructurer le travail, avec plus de 300 000 travailleurs et travailleuses au Canada sous les auspices de programmes TET (Citoyennet\u00e9 et immigration Canada, 2011). En fait, depuis les cinq derni\u00e8res ann\u00e9es seulement, 30% de tous les nouveaux emplois cr\u00e9\u00e9s au Canada sont destin\u00e9s aux travailleurs \u00e9trangers et travailleuses \u00e9trang\u00e8res temporaires (Statistique Canada, 2012). Comme l&rsquo;on peut s&rsquo;y attendre quand un emploi est li\u00e9 de mani\u00e8re indissociable \u00e0 un statut d&rsquo;immigration, les conditions cr\u00e9\u00e9es par ces programmes ont men\u00e9 \u00e0 ce que l&rsquo;on peut d\u00e9crire comme une forme de servitude. En tant que travailleur \u00e9tranger ou travailleuse \u00e9trang\u00e8re temporaire, on vous donne un permis de travail qui vous lie \u00e0 un seul employeur ou employeuse. Si vous \u00eates renvoy\u00e9.e.s, vous perdez votre statut d&rsquo;immigration temporaire \u2014 un statut qui, dans la plupart des cas, a d\u00e9j\u00e0 co\u00fbt\u00e9 cher financi\u00e8rement et psychologiquement au travailleur ou \u00e0 la travailleuse. Le r\u00e9sultat est que les lieux de travail foisonnent d&rsquo;abus, beaucoup de travailleurs et travailleuses font 60 heures par semaine ou plus pour beaucoup moins que le salaire minimum, sans jours f\u00e9ri\u00e9s, vacances ou cong\u00e9s de maladie, et sans la possibilit\u00e9 de demander que cela change.<\/p>\n<h2>Pourquoi sous-traiter quand vous pouvez internaliser ?<\/h2>\n<p>Au Canada\/Qu\u00e9bec le nombre de travailleurs et travailleuses pauvres \u00e0 cause du travail temporaire sous-pay\u00e9 a beaucoup augment\u00e9 dans les derni\u00e8res d\u00e9cennies. Selon Statistique Canada, la hausse a \u00e9t\u00e9 de 8,7 milliards de dollars en revenus pour l&rsquo;industrie du travail temporaire au Canada en 2009 (pour un milliard en 1993). Le nombre de travailleurs et travailleuses d&rsquo;agences de placement s&rsquo;est \u00e9lev\u00e9 \u00e0 158 000 employ\u00e9Es temporaires durant l&rsquo;ann\u00e9e pass\u00e9e, soit six pourcent de plus que l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. L&rsquo;\u00e9cart salarial entre un.e employ\u00e9.e permanent.e et un.e employ\u00e9.e \u00e0 contrat est d&rsquo;environ 13%, tandis qu&rsquo;entre un.e employ\u00e9.e permanent.e et un.e employ\u00e9.e temporaire, l&rsquo;\u00e9cart est d&rsquo;environ 34%, selon les graphiques de Statistique Canada. La disparit\u00e9 persiste m\u00eame apr\u00e8s que l&rsquo;agence ait ajust\u00e9 les chiffres selon les diff\u00e9rences d\u00e9mographiques comme le niveau d&rsquo;\u00e9ducation, le statut d&rsquo;immigration et le genre.<\/p>\n<p><a href=\"\/wp-content\/uploads\/Immigration-austerity-2.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter\" title=\"Immigration &amp; austerity 2\" src=\"\/wp-content\/uploads\/Immigration-austerity-2-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" \/><\/a><\/p>\n<p>Les agences de travail temporaire sont strat\u00e9giques pour les employeurs et employeuses pour deux raisons cruciales. Premi\u00e8rement, engager des travailleurs et travailleuses d&rsquo;agences de placement temporaires permet aux compagnies d&rsquo;\u00e9chapper compl\u00e8tement aux normes du travail m\u00eame les plus basiques. D&rsquo;abord, la nature contractuelle du travail d&rsquo;agence signifie que les travailleurs et travailleuses perdent l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 des vacances pay\u00e9es, aux heures suppl\u00e9mentaires et aux avantages pour l&rsquo;anciennet\u00e9. Aussi, il n&rsquo;est pas clair dans la loi qu\u00e9b\u00e9coise qui de l&rsquo;agence ou de la compagnie avec qui elle fait affaire est responsable de l&#8217;employ\u00e9E, rendant impossible, par exemple, pour un travailleur ou une travailleuse de contester un renvoi injuste ou une cessation d&#8217;emploi sans un pr\u00e9avis raisonnable. En outre, l&rsquo;industrie est si peu r\u00e9gul\u00e9e que lorsqu&rsquo;une agence est accus\u00e9e en vertu de la Loi sur les normes du travail, elle peut fermer ses portes et rouvrir \u00e0 la porte \u00e0 c\u00f4t\u00e9 sous un autre nom. Dans les faits, les normes du travail ne s&rsquo;appliquent donc pas. Deuxi\u00e8mement, l&rsquo;utilisation de travailleurs et travailleuses d&rsquo;agences de placement temporaire permet aux compagnies de miner les tentatives de convention collective et de syndicalisation. Cela parce que les compagnies peuvent renvoyer et engager des travailleurs et travailleuses d&rsquo;agences tant qu&rsquo;elles le veulent. Cela permet aux compagnies de changer les travailleurs et travailleuses et de gonfler le nombre d&#8217;employ\u00e9.e.s si rapidement et fr\u00e9quemment que cela rend impossible d&rsquo;atteindre la \u00ab majorit\u00e9 \u00bb n\u00e9cessaire pour se syndicaliser. Pour les travailleurs et travailleuses d&rsquo;agence de placement temporaire \u2014 qui sont souvent aussi des sans papiers, vivant avec un statut pr\u00e9caire ou des demandeurs ou demandeuses du statut de r\u00e9fugi\u00e9.e.s \u2014 le cauchemar d&rsquo;une crise est devenu une r\u00e9alit\u00e9 quotidienne. Ces agences op\u00e8rent principalement dans le secteur agricole et le secteur de la transformation alimentaire. M\u00eame des grandes usines comme celles des jus Oasis, de Monsieur Basilic, pour n&rsquo;en nommer que quelques-unes, utilisent des agences de travail \u00e0 la journ\u00e9e, o\u00f9 les travailleurs et travailleuses vont attendre le matin en face d&rsquo;une station de m\u00e9tro pour voir s&rsquo;il y a du travail ce jour-l\u00e0 \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur de la ville. Ce genre de pratique est plus commun aux \u00c9tats-Unis, mais il est maintenant utilis\u00e9 ici dans les grandes villes comme Montr\u00e9al et Toronto. Les employeurs et employeuses paient comptant \u00e0 la fin de la journ\u00e9e. La plupart des travailleurs et travailleuses sont pay\u00e9.e.s sous le salaire minimum, sans acc\u00e8s \u00e0 des droits pour leur sant\u00e9 ou leur s\u00e9curit\u00e9 ou un respect des normes minimales du travail.<\/p>\n<p>En 2010, Enqu\u00eate, une \u00e9mission de journalisme d&rsquo;enqu\u00eate \u00e0 Radio-Canada, a recens\u00e9 les pires pratiques malhonn\u00eates des agences, en envoyant des journalistes infiltr\u00e9s pour travailler dans diff\u00e9rentes agences comme nouveaux arrivants. Par exemple, des journalistes ont port\u00e9 des cam\u00e9ras cach\u00e9es pour postuler \u00e0 des agences de placement temporaire qui se sp\u00e9cialisent dans le placement d&rsquo;immigrant.e.s qui ne parlent ni anglais, ni fran\u00e7ais. Les deux hommes ont \u00e9t\u00e9 assign\u00e9s \u00e0 des usines de poulet \u00e0 Montr\u00e9al, o\u00f9 ils ont travaill\u00e9 avec les employ\u00e9s r\u00e9guliers. \u00ab Personne ne m&rsquo;a jamais demand\u00e9 une pi\u00e8ce d&rsquo;identit\u00e9. M\u00eame pas ma carte d&rsquo;assurance maladie. S&rsquo;il j&rsquo;avais eu un accident de travail, que serait-il arriv\u00e9 ? Qui aurait \u00e9t\u00e9 responsable de mes soins ? \u00bb a dit Martin Movilla, un journaliste infiltr\u00e9. On s&rsquo;attendait \u00e0 ce que Movilla et Mendez travaillent de longues heures, plus de neuf heures \u00e0 la fois, parfois avec seulement 15 minutes de pause. Ils \u00e9taient pay\u00e9s entre 6,50$ et 8,00$ de l&rsquo;heure. Le salaire minimum au Qu\u00e9bec est de 9,50$.<\/p>\n<h2>\u00a0L&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 mondiale &#8211; Style Montr\u00e9al !<\/h2>\n<p>Un exemple particuli\u00e8rement saisissant des restructurations n\u00e9olib\u00e9rales qui ont eu lieu dans les trente derni\u00e8res ann\u00e9es \u00e0 Montr\u00e9al, est celui de la cha\u00eene Dollarama. \u00c9tant donn\u00e9 qu&rsquo;il semble impossible de faire du profit \u00e0 vendre des items dont le prix au d\u00e9tail n&rsquo;atteint jamais plus de trois dollars, il est impressionnant que son PDG, Larry Rossy, soit l&rsquo;une des 100 plus riches personnes au Canada ; il est la huiti\u00e8me plus riche personne du Qu\u00e9bec, avec une valeur de 1,05 milliards de dollars.<\/p>\n<p>La hausse de la pauvret\u00e9 \u00e0 travers le pays est une des raisons pour lesquelles Dollarama va si bien : les gens n&rsquo;ont pas le choix d&rsquo;acheter \u00e0 l&rsquo;un de leurs 700 magasins au Canada. Une deuxi\u00e8me raison pour laquelle ces prix font tout de m\u00eame r\u00e9aliser des b\u00e9n\u00e9fices, c&rsquo;est que Dollarama garde ses employ\u00e9.e.s dans une situation hautement sous-pay\u00e9e et dans une extr\u00eame pr\u00e9carit\u00e9. Rossy appelle cela une \u00ab strat\u00e9gie du salaire minimum \u00bb, ce qui signifie clairement que s&rsquo;il pouvait payer ses employ\u00e9.e.s moins cher, il le ferait. Les centres de distribution de Dollarama ici, \u00e0 Montr\u00e9al, emploient entre 500 et 1000 personnes \u2014 presque toutes non-blanches \u2014 qui ont presque toutes \u00e9t\u00e9 engag\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 des agences de placement temporaire. M\u00eame les employ\u00e9Es qui travaillent l\u00e0 depuis plusieurs ann\u00e9es sont toujours consid\u00e9r\u00e9.e.s comme \u00ab temporaires \u00bb, sans avantages sociaux ou pension et avec des conditions de travail difficiles. Ironiquement, la pr\u00e9carit\u00e9 du travail et les salaires au seuil de la pauvret\u00e9 sont exactement ce qui rend presque impossible pour les employ\u00e9.e.s de Dollarama de se battre pour de meilleures conditions. Sans tenir compte des conditions de travail dans lesquelles les produits de Dollarama sont manufactur\u00e9s dans le Sud, la compagnie est d\u00e9j\u00e0 un excellent exemple de comment la flexibilit\u00e9 du travail a permis aux plus riches Canadien.ne.s de faire d&rsquo;\u00e9normes profits. Un travailleur d&rsquo;origine ha\u00eftienne a re\u00e7u une prime de No\u00ebl de quarante-cinq dollars. Durant la m\u00eame p\u00e9riode de trois mois, Dollarama a r\u00e9alis\u00e9 cinquante-deux millions de dollars de profits, en 2011.<\/p>\n<h2>UN STATUT POUR TOUS ET TOUTES ! UN SALAIRE D\u00c9CENT POUR TOUS ET TOUTES !<\/h2>\n<p>Ce climat d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 et la hausse des d\u00e9portations et les changements \u00e0 l&rsquo;immigration vont de pair. Pour le capital, les politiques d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 ont non seulement \u00e9t\u00e9 la r\u00e9pression par la matraque, mais pour les travailleurs et travailleuses, les politiques d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 sont aussi les politiques d&rsquo;immigration. La peur est maintenue chez les immigrant.e.s par la crainte de la d\u00e9portation, en laissant les immigrant.e.s sans statut et sans acc\u00e8s aux services, dans le but de garder leur discipline au travail, pour les emp\u00eacher de se battre pour des conditions de travail d\u00e9centes et pour leurs droits fondamentaux. C&rsquo;est pourquoi si nous voulons combattre l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 sous toutes ses formes, la lutte pour la r\u00e9gularisation de tout le monde est centrale pour \u00e9lever les conditions de vie de tous et toutes et pour assurer \u00e0 tout le monde un emploi d\u00e9cent avec un salaire qui permet de vivre, pas un salaire de pauvret\u00e9.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Mostafa Henaway du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants Au Canada et au Qu\u00e9bec, le maintien de la comp\u00e9titivit\u00e9 internationale en p\u00e9riode d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 grandissante, autant dans le secteur public que priv\u00e9, et les politiques n\u00e9olib\u00e9rales qui touchent le fond&hellip;<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/fr\/solidarity-city\/solidarity-city-journal\/immigration-and-austerity-the-invisible-wall-of-the-invisible-hand\">Read more &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":1766,"menu_order":15,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2463"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2463"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2463\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2523,"href":"https:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2463\/revisions\/2523"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1766"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.solidarityacrossborders.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2463"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}