La présence de l’ASFC à l’hôpital Général de Montréal pour arrêter et déporter une femme de 57 ans qui a récemment subi un infarctus suscite colère et indignation

juillet 25, 2013

Communiqué de presse

La présence de l’ASFC à l’hôpital Général de Montréal pour arrêter et déporter une femme de 57 ans qui a récemment subi un infarctus suscite colère et indignation

Le 24 juillet 2013, Montréal – Les officiers de l’Agence des services frontaliers du Canada sont débarqués à l’Hôpital général de Montréal, pour mettre Khurshid Begum Awan, une grand-mère de 57 ans, en état d’arrestation. Mme Awan fait face à un ordre de renvoi vers le Pakistan suite au refus de sa demande d’asile. Les mesures de renvoi ont dû être reportées quand Mme Awan fut admise au même hôpital le 4 juillet 2013 pour un infarctus du myocarde dans les bureaux du 1010 st-antoine, lors d’une rencontre avec son agent de renvoi.

Plusieurs demandes ont été faites aux autorités d’immigration de prendre en compte la santé fragile et la condition cardiaque chronique de Mme Awan. Cependant, à l’intérieur de dix jours suivant son congé de l’hôpital, pendant sa convalescence, un agent de l’AFSC s’est présenté à deux reprises chez Mme Awan, forcant la Mme qui ne comprend ni français ni anglais, à signer un document la convoquant pour le lendemain matin. Comme sa fille Tahira Malik a deux emplois sur six jours de la semaine, son petit-fils Ali, âgé de 15 ans, a dû servir d’interprète. Mme Awan a donc assisté à deux rencontres avec son agente Valérie Surpris, le 19 et encore le 23 juillet, toujours convoquée la veille par une visite à la maison.

Rendu au 1010 St Antoine pour son rendez-vous le 23 juillet 2013, Mme Awan a eu un malaise et a chuté. Elle a encore été amenée à l’Hôpital général de Montréal, où trois employés de l’ASFC sont arrivés. Ils l’ont informé qu’elle était en état d’arrestation, qu’un agent sera présent à ses côtés en permanence à l’hôpital et qu’elle sera transportée directement au centre de détention à Laval à son congé. On lui a dit que son renvoi aura lieu le lendemain soir du 24 juillet 2013.

Malgré un examen du chef de cardiologie de l’hôpital et une déclaration stipulant que selon les lignes directrices canadiennes une personne ayant subi un infarctus ne doit pas prendre un avion pendant au moins six semaines, l’agent sur place a refusé de partir, disant que Mme Awan était encore en état d’arrestation et qu’elle serait toujours amenée au centre pour attendre une révision de détention dans les 48 heures. Finalement, suite à l’intervention du bureau du député de Mme Awan, Thomas Mulcair, et l’avis du cardiologue, l’ASFC a annulé son ordre d’arrestation et le renvoi fixé pour le 24 juillet.

« Ce genre de comportement agressif, intimidant, et excessif par les agents frontaliers s’est déjà produit à plusieurs reprises à notre connaissance, même dans les hôpitaux avec des personnes malades et vulnérables », dénonce Rosalind Wong, membre de Solidarité sans frontières. « Ces agents agissent avec un pouvoir absolu en toute impunité, ne faisant face à aucune conséquence lorsqu’ils emploient des mandats d’arrestation arbitraires et sans fondement et des tactiques de harcèlement.»

Mme Awan est menacée d’une déportation imminente mettant à risque sa sécurité et sa santé. Depuis sa déportation du Canada en avril, son mari à été la cible d’un attentat au coup de feux et vit toujours en cachette au Pakistan.

« Nous dénonçons vigoureusement la présence de l’Agence des Services Frontaliers du Canada (ASFC) dans les établissements de soins de santé. Nous appelons les travailleurs et travailleuses de la santé et les administrateurs et administratrices des établissements à faire en sorte que les personnes qui reçoivent des services soient à l’abri des agents des services frontaliers et des policiers, qui s’en prennent à des membres marginalisés de nos communautés. Les personnes migrantes doivent être en mesure d’accéder à des soins de santé en toute dignité, sans craindre d’être arrêtées, détenues ou déportées. Le fait que des agents de l’ASFC entrent dans un hôpital pour menacer Mme Khurshid Begum Awan de détention et de déportation est inacceptable et révoltant.» déclare le Collectif justice santé, un regroupement de militantEs qui travaillent dans la domaine de la santé et qui mènent une campagne contre les coupures aux soins de santé pour les réfugiéEs et demandeur-e-s d’asile.

Contact:

Rosalind Wong : 438-933-7654, Solidarité sans frontières

courriel: solidaritesansfrontieres@gmail.com

twitter: @SolidariteMTL

web: www.solidaritesansfrontieres.org

Stewart Istvanffy (avocat): 514-876-9776

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