Manifestation devant Tisseur : lancement d’un automne d’actions contre la nouvelle prison pour migrant-e-s à Laval

août 22, 2019
69004253_10151312474629949_4090607847203667968_oVAL-DAVID, le 22 août 2019 – Un réseau de plus de 80 organisations opposées à la construction d’une nouvelle prison pour migrant-e-s à Laval a entamé un automne d’actions ce jeudi avec un piquet d’information au siège social de l’entrepreneur général du projet à Val David. Construction Tisseur Inc. a obtenu le contrat pour superviser la construction de la nouvelle prison en juillet. Il a commencé à travailler sur le site le 5 août, malgré l’opposition continue d’organisations déterminées à bloquer le projet.
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« Soyons clairs. En acceptant de travailler sur ce projet, Tisseur profite de l’emprisonnement de migrant-e-s et de réfugié-e-s. Nous sommes ici pour parler à leurs travailleur-se-s des raisons pour lesquelles l’opposition à ce projet est généralisée et aussi pourquoi le projet est anti-travailleur », a déclaré Amy Darwish de Solidarité sans frontières.
« Les propriétaires de Tisseur aiment présenter leur compagnie comme une entreprise socialement responsable, mais ils profitent de la misère et de la violence auxquelles le gouvernement canadien contraint les migrant-e-s. »
Plus de 70 personnes se sont rassemblées devant les bureaux de Tisseur pour la première d’une série d’actions déterminées à dénoncer la violence du système de détention du Canada. L’action festive comprenait de la musique en direct et des prises de parole de nombreuses organisations opposées à la nouvelle prison.
« Peu importe le camouflage que vous utilisez, ça reste une prison », a déclaré Sam Hoffman, de Ni frontières, ni prisons. « Cette nouvelle prison est présentée comme un moyen plus « humain » d’enfermer les migrant-e-s et les réfugié-e-s, mais aucune esthétique ne peut la rendre acceptable. Des entreprises comme Tisseur aident le gouvernement à mettre en œuvre une pratique injustifiable. »
Des ancien-ne-s détenu-e-s font état de graves problèmes psychologiques tels que cauchemars, dépression, pensées suicidaires, troubles du sommeil, anxiété et autres symptômes liés au syndrome de stress post-traumatique. « Ces centres créent beaucoup de souffrances intérieures, c’est ce que la détention fait aux gens. Vous pouvez voir que les jeunes souffrent particulièrement », a déclaré Carmelo Monge de Mexicain.e.s uni.e.s pour la régularisation, qui a passé un certain temps à l’intérieur du centre de détention actuel de Laval.
Au cours des dernières années, le Canada a détenu jusqu’à 800 enfants par an dans les installations de l’ASFC à travers le pays. « Bien que des enfants migrant-e-s aient été détenu-e-s aux États-Unis, beaucoup ne réalisent pas qu’il s’agit d’une pratique courante au Canada. Soit vous emmenez vos enfants en prison avec vous, soit vous risquez d’être expulsé-e sans eux », a déclaré Darwish. « Enfermer nos voisins, les déporter dans des situations dangereuses et potentiellement mortelles, c’est une pratique cauchemardesque qui doit cesser. »
La nouvelle prison est située à côté de l’actuel Centre de surveillance de l’immigration de Laval. Son ouverture, prévue en 2021, fait partie d’un investissement de 138 millions de dollars visant à accroître la capacité du Canada à détenir et expulser des migrant-e-s. Les centres de détention aident à maintenir un système mondial d’apartheid qui maintient les peuples anciennement colonisés, y compris les migrant-e-s racisé-e-s, en situation de pauvreté et d’exploitation.

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