Solidarité avec Lucy Francineth Granados

avril 23, 2018

lucy-doit-rester photoRAMENONS LUCY

Organisatrice communautaire pour les droits des femmes et travailleur.euse.s sans papiers Lucy Francineth Granados arrêtée, detenue, et déportée le 13 avril, 2018.

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À 6 h le 20 mars, l’Agence des Services Frontaliers du Canada (ASFC) est rentrée chez Lucy Francineth Granados, une membre du Collectif des femmes sans statut de Montréal et de l’ATTAP (Association de travailleurs et travailleuses temporaires). L’ASFC a procédé à une arrestation violente, blessant Lucy au bras, et l’ont emmenée avant que des militantes pour la justice migrante puissent arriver sur les lieux. Lucy a été détenu au centre de détention des immigrants à Laval, en attendant sa déportation.

LE CONTEXTE

Menacée par les maras (gangs criminels), Lucy a traversé le Mexique seule par le tristement fameux train La Bestia jusqu’aux États-Unis, puis jusqu’au Canada, son mari étant mort quelques ans auparavant dans un accident. La demande de statut de réfugié de Lucy a été refusée, mais elle est restée au Canada, sans papiers. Elle a vécu à Montréal pendant 9 ans où elle s’implique dans les groupes communautaire comme le Collectif des femmes sans statuts et l’Association des travailleurs temporaires (ATTAP).

Lucy est le seul soutien financier pour ses trois enfants. Ils vivent au Guatemala avec leur grand-mère et ils dépendent entièrement des revenus que leur mère envoie pour tous leurs besoins de base (nourriture, logement, frais d’éducation, etc.).

En 2017, Lucy a déposé une demande de résidence permanente pour motifs humanitaires dans le but de régulariser son statut. En janvier, un agent de l’ASFC a appelé son avocate et l’a menacée de ne pas étudier son dossier à moins qu’elle ne se présente pour être déportée. Mais, la Loi canadienne sur l’immigration stipule que le ministre doit étudier toutes demandes humanitaires au Canada; cette déclaration de l’agent de l’AFSC était donc fausse et illégale. Ni Immigration Canada, ni l’ASFC n’ont répondu à la demande de son avocate d’obtenir des clarifications quant à cette déclaration. Selon Immigration Canada, le dossier de Lucy était en cours d’évaluation et une réponse devrait été normalement attendue bientôt, si elle était encore dans le pays.

Le ministre de l’Immigration Ahmed Hussen et le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale ont refusé d’intervenir et Lucy a été déportée avant même que son dossier ne soit évalué.

— organisé avec nos alliées du Centre des travailleurs et travailleuses immigrant.e.s

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