Migrant(e)s en grève de la faim au Centre de prévention de l’immigration de Laval : Agissez maintenant en solidarité

mars 25, 2020

– Pour des mises à jour et de nouveaux appels pour du soutien.

Des migrant(e)s détenu(e)s au Centre de prévention de l’immigration de Laval ont lancé une grève de la faim illimitée pour exiger leur libération face à la pandémie de la COVID-19.

Environ 30 hommes sont présentement détenus dans l’aile masculine du centre de détention. Les dix grévistes de la faim refusent tout repas, malgré des pressions de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) qui les pousse à cesser cette grève. Comme d’autres détenu(e)s au Canada et à travers le monde, les grévistes demandent d’être libérés pour leur propre sécurité. Vous pouvez lire leur déclaration ici.

Nous nous joignons aux détenu(e)s en exigeant la libération immédiate de toutes les personnes présentement détenues, du logement sécuritaire et de qualité pour toutes les personnes libérées, et la fin des nouvelles détentions !

Libérez-les tous et toutes !

Soutenez les personnes enfermées (plus d’informations ci-bas)

  • Au Canada, appelez les ministres de la Santé et de la Sécurité publique (voir les contacts et le script plus bas).
  • Partout, soutenez leurs demandes sur les médias sociaux, les médias alternatifs et les médias traditionnels en partageant ce message, et en diffusant ou en écrivant des articles qui exigent leur libération (voici une mise en contexte sur la détention des immigrant(e)s au Canada).

Mise en contexte

Les 34 personnes sont actuellement détenues au Centre de Prévention de l’immigration de Laval, une prison où les migrant.es sont enfermé(e)s s’ils n’ont pas les documents d’identité nécessaires ou encore si le Canada souhaite les déporter et que l’Agence des services frontaliers considère qu’ils et elles ne collaboreront pas à leur déportation (bien souvent par peur). La détention des personnes n’ayant pas la citoyenneté est un outil important utilisé par le Canada pour fermer ses frontières aux personnes racisées du sud global ayant subi le colonialisme, et ce tout en continuant à exploiter leur force de travail et leurs ressources.

Par crainte pour leur santé, les prisonniers et les prisonnières dans la prison pour migrant(e)s à Laval soulignent dans leur pétition les risques élevés associés au maintien dans un espace confiné. Ils et elles sont exposé(e)s à de centaines de gardien(ne)s, de travailleurs et travailleuses de l’alimentation et au personnel des soins de santé qui entrent et sortent tous les jours.

Leur demande arrive en même temps que de nombreux appels urgents à la libération des prisonniers et prisonnières, au Québec, à travers le Canada et ailleurs, comme un impératif pour la santé publique. Cette pandémie nous montre bien à quel point chaque membre de la société est interrelié(e) aux autres, à l’intérieur et à travers les frontières, à l’intérieur et à l’extérieur des prisons. Nous devons être solidaires avec ceux et celles qui sont dans des situations précaires, comme les personnes en détention.

Entretemps, les visites à la prison des migrant(e)s ont été annulées, laissant les prisonniers et prisonnières isolé(e)s du soutien extérieur. La détention est une source majeure de détresse psychologique, en particulier pour les survivant(e)s d’un traumatisme, et l’on y ajoute une mauvaise alimentation, le manque de sommeil et un accès limité à des soins de santé. L’absence de visites brime aussi leur accès à des conseils légaux. Les audiences obligatoires de contrôle des motifs de détention ont maintenant lieu par téléphone. La semaine dernière, l’ASFC a annoncé qu’elle cesserait les déportations pour au moins trois semaines mais elle a oublié les personnes en détention.

Le 19 mars 2020, les détenu(e)s ont publié un appel à être libéré(e)s, en réaction à la pandémie de la COVID-19. Leur pétition, écrite à la main, a été envoyée à Bill Blair (le ministre fédéral de la Sécurité publique), au ministre fédéral de la Santé et au ministère de la Santé du Québec, ainsi qu’à des organismes internationaux comme l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés. Après une semaine d’inaction de la part des autorités gouvernementales, les détenu(e)s ont lancé une grève de la faim illimitée pour exiger leur libération.

Contacts

  • Ministre fédéral de la sécurité publique Bill Blair

Bill.Blair@parl.gc.ca

Téléphone: 613-995-0284

Fax: 613-996-6309

  • Ministre fédéral de l’immigration, les réfugié(e)s et la citoyenneté Marco Mendocino Minister@cic.gc.ca

Téléphone: 613-954-1064

Fax: 613-952-5533

Quoi dire

– Dix détenu(e)s migrant(e)s au Centre de prévention de l’immigration de Laval ont engagé une grève de la faim pour exiger leur libération. La situation est urgente et demande une action immédiate pour assurer leur sécurité.

– Enfermer les gens dans cet établissement et leur voler leur liberté est déjà injustifiable, mais de forcer des gens à rester incarcérés alors qu’il y a une pandémie est plus qu’injuste, c’est dangereux pour tout le monde.

– J’exige la libération immédiate de toutes les personnes actuellement détenues, ainsi que de l’hébergement sécuritaire et de qualité pour toutes les personnes qui sont libérées.

– J’exige aussi la fin des nouvelles détentions.

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