Justice pour Paola Ortiz et sa famille

septembre 20, 2011

Joignez-nous à dénoncer la déportation imminente d’une mère d’origine mexicaine et de ses deux enfants 

La violence sexuelle et l’impunité ignorées, déportation imminente pour une mère et ses deux enfants canadiens, malgré problèmes de santé 

 

Montréal, le 12 septembre 2011 — Solidarité sans frontières dénonce la décision imminente de l’État canadien de procéder à la déportation de Paola Ortiz et de ses deux enfants, citoyens canadiens, âgés de 2 et 4 ans.

Paola Ortiz est arrivée à Montréal il y a cinq ans après avoir fui une situation de violence conjugale et sexuelle dans son pays d’origine, le Mexique. Elle a fait l’objet d’abus physiques et psychologiques violents de la part de son conjoint de l’époque, un officier de la police fédérale. Elle souffre depuis de stress post-traumatique et de dépression. Les deux enfants de Mme Ortiz présentent également des problèmes de santé. La fille de 4 ans souffre de problèmes auditifs importants et son fils de 2 ans a été récemment diagnostiqué autiste. Ils sont tous deux suivis par des intervenants spécialisés.

À son arrivée au Canada en 2006, Paola Ortiz demandait que l’État canadien lui accorde un statut de réfugiée. La Commission de l’immigration et du statut de réfugié le lui refusait l’année suivante sous prétexte que l’État mexicain assurait une protection adéquate aux femmes survivantes de la violence conjugale. Or, de multiples voix sur le terrain dénoncent les situations de violence que vivent de nombreuses femmes au Mexique, ainsi que l’impunité presque complète dans laquelle opèrent les agresseurs.

Au cours de l’été 2011, Mme Ortiz a été détenue pendant une semaine au Centre de prévention de l’immigration, à Laval, séparée de ses enfants. Elle s’attend à recevoir un avis de déportation qui pourrait survenir en cours de semaine. Une demande de sursis de déportation a été déposée par son avocat, dans l’intérêt de la femme mais aussi des enfants.

En menaçant Paola et sa famille de déportation, le gouvernement canadien se fait complice de la violence sexiste. De plus, il ignore non seulement ses obligations en matière de droits humains et de protection des réfugiés, mais également ses obligations envers les enfants nés sur son propre territoire. Les enfants de Mme Ortiz ont le droit de vivre dans des conditions justes, dignes et sécuritaires, au Canada, avec leur mère.

Pour les autres membres de Solidarité sans frontières, il est clair que les enfants de Mme Ortiz n’auraient pas accès aux services spécialisés dont ils ont besoin s’ils étaient renvoyés au Mexique.

Le traitement du cas de Mme Ortiz dans ces dernières semaines représente une tendance très préoccupante dans le système canadien d’immigration . Il y a un déni net de la situation de violence et d’impunité au Mexique et une utilisation abusive des outils répressifs tels que la détention et la déportation précipitée, sans que ne soient pris en considération les droits des enfants et la précarité psychologique d’une femme ayant vécu des violences traumatisantes.

En 2009, le ministre de l’Immigration Jason Kenney imposait un visa aux visiteurs en provenance du Mexique, alléguant que trop de demandes de statut de réfugiés faites par des ressortissants mexicains étaient fausses. Ce geste est l’un des nombreux actes récents posés par le gouvernement canadien visant à diviser et à criminaliser les personnes immigrantes afin d’en repousser un nombre toujours plus élevé et de restreindre davantage l’accès à son territoire. Le Canada ajoute ainsi une violence aux multiples autres violences qui sévissent présentement dans le monde.

 

Solidarité sans frontières se joint à Mme Ortiz, à sa famille et à leurs nombreux ami(e)s de Montréal et du quartier Pointe-Saint-Charles pour réclamer auprès des autorités fédérales qu’un statut permanent au Canada lui soit accordé.

Solidarité sans frontières est un réseau de soutien, d’entraide et de lutte pour la justice et la dignité des migrants sans-statut. Ses principales revendications sont la fin des déportations et des détentions, la régularisation de toutes les personnes sans-statut et l’abolition de la double peine.

 

Voilà comment vous pouvez aider:

1. En ce moment, il est crucial de faire signer les individus et SURTOUT les organismes une déclaration publique revendiquant un sursis de renvoi pour Mme Ortiz. Si Paola est détenue, nous voudrions avoir une grande réponse de la communauté. Pour ajouter votre signature et le nom de votre organisme, svp contactez solidaritesansfrontieres@gmail.com en écrivant ‘PAOLA ORTIZ’ dans le sujet.

2. Vous pouvez contacter la directrice de renvoi, qui possède un droit administratif d’octroyer un sursis de renvoi. Voici ses coordonnées (quand vous appelez, veuillez aussi mentionner la date de naissance de Paola, soit le 10 janvier 1980)

Julie Thibodeau

Directrice d’opérations, renvoi

Agence de services frontaliers

1010 St-Antoine, 2e étage

Tel: 514-283-0936

Fax: 514-496-1882

 

Adjointe administrative:

Noémie Rainville-Pelletier – 514-496-3983

(si possible, veuillez écrire à solidaritesansfrontieres@gmail.com pour nous donner un compte-rendu de vos appels_

 

JUSTICE POUR PAOLA ORTIZ ET SA FAMILLE !

NON AUX DÉPORTATIONS ET AUX DÉTENTIONS!

Pour plus d’information:

Solidarité sans frontières – 514 848-7583 – solidaritesansfrontieres@gmail.com

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