Déclaration sur la perturbation de notre conférence de presse du 19 avril

avril 25, 2020

[Avertissement sur le contenu : mention d’abus sexuels commis envers des enfants.]

 

Le 19 avril, Solidarité sans frontières a organisé une conférence de presse en ligne pour lancer la mobilisation de caravanes #FreeThemAll #StatusForAll, qui prend place d’un océan à l’autre. Nous avons invité les journalistes à écouter les témoignages de ceux et celles sur les lignes de front de la lutte pour libérer toutes les personnes encore détenues  dans les prisons et les centres de détention des migrant-e-s au Canada, durant la pandémie de la COVID-19.

 

La conférence, tenue sur Zoom, a été interrompue par des individus qui ont fait jouer des vidéos explicites avec des abus sexuels horribles commis envers de jeunes enfants. Ils ont été expulsés de la conférence aussi vite que possible, mais les participant-e-s ont été extrêmement choqué-e-s par cette expérience.

 

Nous tenons à partager nos excuses sincères avec toutes les personnes qui ont assisté à la conférence et qui ont été exposées à ces images profondément troublantes. Nous avons été hanté-e-s par cette expérience et nous imaginons que plusieurs personnes qui en ont été les témoins ont éprouvé des sentiments similaires.

 

Cette conférence de presse en ligne sur Zoom est notre deuxième à être perturbée depuis le début de la pandémie. Le premier incident, moins sévère, a eu lieu le mois dernier avant que l’événement débute et a impliqué de jeunes hommes blancs qui ont interrompu la préparation de l’événement avec des commentaires racistes et sexistes, ainsi que de l’exhibitionnisme sexuel, avant qu’ils soient expulsés de la conférence.

 

Bien que nous fassions des efforts pour améliorer la sécurité durant ces événements, nous avons négligé, lors de la conférence de presse ce dimanche, l’un des paramètres par défaut de Zoom, soit le partage d’écran par les participant-e-s, qui a permis à la perturbation d’avoir lieu. D’autres mesures de sécurité que nous avons utilisées et que nous continuerons à utiliser incluent l’utilisation des salles d’attente, couper le son et la vidéo en joignant la conférence, désactiver les liens avec des mots de passe « intégrés » et empêcher les participant-e-s de partager leur écran, de transférer des fichiers, de s’envoyer directement des messages et d’annoter les écrans. À ce jour, l’option la plus sécuritaire que nous avons trouvée pour des conférences de presse en ligne est l’application « wébinaire » de Zoom, qui permet seulement aux participant.e.s un accès audio (sans vidéo) aux événements. Son coût élevé constitue toutefois un obstacle pour les réseaux issus de la base comme SSF.

 

Étant donné le matériel extrêmement troublant de violence sexuelle contre des enfants utilisé durant cette perturbation, nous avons passé du temps à réfléchir à la meilleure manière de répondre. Les participant-e-s qui ont informé les autorités de l’incident se sont fait dire par la police de déposer une plainte contre Zoom. Puisque nous ne disposons d’aucune information sur qui sont les auteurs de ces actes ou sur un enfant spécifique qui a été blessé, les Services de protection de l’enfance ne sont pas en mesure d’investiguer. Nous avons déposé une plainte contre Zoom, et nous nous sommes joint-e-s à d’autres personnes qui exigent que Zoom convertisse les paramètres sécuritaires en option par défaut, tout en les offrant à un prix abordable. Comme les participant-e-s l’ont souligné durant la conférence de presse, SSF croit que la police et les prisons ne protègeront pas nos communautés et n’assureront ni notre sécurité ni la justice.

 

Nous tenons encore une fois à nous excuser à toutes les personnes qui ont assisté à la conférence ce dimanche et qui ont été affectées de quelque manière que ce soit par cette expérience. Nous avons partagé une version éditée de la conférence sans cette perturbation et sans aucune référence à celle-ci. Veuillez vous sentir libres de prendre contact avec nous et de nous parler plus longuement à solidaritesansfrontieres@gmail.com.

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