L’appel des sans papiers : la régularisation est la seule solution dans cette période de crise

avril 30, 2020

Montréal
29 avril 2020

À nos voisin.es,

Dans un contexte socio-économique largement dominé par la pandémie de COVID-19, où tous les équilibres et nos habitudes de vie sont largement bouleversés, il est évident plus que jamais que notre société dans l’entièreté a besoin de tout un chacun dans le combat ultime que nous menons contre cette pandémie.

Si on s’accorde tous à dire que le COVID-19 ne fait aucune discrimination quelque soit notre statut ou nos origines, il s’ensuite que les mesures pour combattre la pandémie ne devraient pas faire les discriminations non plus. Malheureusement, on constate que les personnes sans statut malgré un contexte très difficile, continuent d’être marginalisées en dépit de l’immense gravité de la situation actuelle.

En effet, après la mise en place des mesures de santé publique allant du confinement à l’arrêt de toutes les activités non essentielles, il ressort sans l’ombre d’aucun doute que la vulnérabilité des personnes sans statut au Canada a atteint des proportions très inquiétantes.

Sans revenu et mis à l’écart de toutes les mesures d’aide financière comme la prestation Canadienne d’urgence (PCU), nous, les personnes sans statut sommes actuellement confrontées à des risques telle que la perte de logements et par conséquent se retrouver à la rue, la manque de nourriture, de médicaments, et d’autres besoins essentiels.

En plus, les gouvernement de Québec et de Canada refusent catégoriquement d’octroyer une couverture de santé globale (assurance maladie) aux personnes sans statut. Ce refus pourrait entraîner la réticence des personnes sans statut à se rendre aux services d’urgence de se faire dépister ou de se faire prendre en charge.

Rappelons que des personnes de statut précaire sont détenus au Canada dans des centres de détention pour migrants, où les conditions sont propices à une contamination communautaire.

Malheureusement, toutes ces politiques discriminatoires constituent une fardeau psychologique en plus de la situation précaire que nous vivons.

C’est pourquoi il est plus qu’urgent d’intervenir. Même si beaucoup des personnes ne le savent pas, les personnes sans statut participent activement à l’économie dans le secteur agricole, la restauration, les entrepôts et la manufacture, la construction, les épiceries, le nettoyage résidentiel ou dans les résidences de personnes âgées, les hôpitaux, les soins des enfant, et dans d’autres secteurs essentiels. Nous contribuons aussi à travers les impôts, nous faisons le bénévolat, nous participons à la vie artistique … Nous sommes les ami.e.s, les voisin.e.s, les proches des citoyen.ne.s. Bref, nous sommes des membres à part entière de la société.

Malgré nos compétences et qualifications, les personnes sans statut ne bénéficient d’aucune  reconnaissance.

En ces moments difficiles où notre société a besoin de tout un chacun dans notre effort collectif de lutter contre la pandémie, nous, les personnes sans statut, à travers cette lettre réaffirmons notre volonté de  travailler avec les autres membres de la société pendant ces moments difficiles. Car le COVID-19 ne fait aucune distinction entre les personnes peu importe leur statut. Nous aussi nous voulons y participer activement, et le seul obstacle à ceci, c’est la régularisation du statut de tous et toutes.

C’est pourquoi nous les signataires de cette lettre demandons sans plus attendre au gouvernement du Canada de :

  • Régulariser tous et toutes les sans statut au Canada sans aucune exception ;
  • La libération des personnes sans statut dans les centres de détention et les prisons à travers le Canada ;
  • L’inclusion des personnes sans statut dans l’ensemble des mesures fédérales et provinciales, comme la prestation Canadienne d’urgence et toutes autres mesures.

Pendant que le Canada continue de nous faire croire que c’est un pays accueillant, malheureusement la réalité sur le terrain en est toute autre.

Alors c’est le moment pour le gouvernement Canadien d’agir. Car, demander à tout le monde de rester chez soit ne veut pas dire que c’est chacun pour soi.

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